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jeudi - juin 04, 2020

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Tchad: le vivre ensemble selon Brahim EDJI MAHAMAT, Politiste et géostratège Cultures Sociétés Politique

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Brahim EDJI MAHAMAT, Politiste et géostratège, par ailleurs président de l’Association pour la Consolidation de la Paix et le Développement Humain dans le Sahel (ACPDHS) se prononce sur la question de cohabitation et du bien fondé du vivre ensemble entre les filles et fils tchadiens. Aujourd’hui notre pays traverse l’un des moments les plus difficiles de son histoire, on parle de plus en plus des violences dans notre pays. On attend de plus en plus des conflits communautaires, des armes de guerre tournées que ce soit à l’extrême nord, que ce soit à l’Est et encore récemment comme le Chef de l’Etat l’a égrainé dans son chapelet lors du grand meeting de soutien aux forces de défense et de sécurité organisé au stade omnisport Idriss Mahamat Ouya, suite à l’agression de notre pays par les éléments de l’UFR. De ce fait, pour appuyer mon argumentation, il me parait judicieux de convoquer le contexte du concept de la consolidation de la paix. En effet, il faudrait remonter jusqu’au lendemain du délitement du bloc soviétique, la fin de la guerre froide et de la chute du mur de Berlin du 09 novembre 1989 pour mieux cerner les ressorts de l’embrassement actuel de la configuration géopolitique de l’Afrique centrale avec l’émergence des nouveaux acteurs non étatiques(ANT) ou transnationaux de la scène internationale. Ce qui explique en grande partie la situation crisogène et conflictogène dans laquelle a été plongée la sous-région. Comment consolider la paix entre les tchadiens ? Consolider la paix revient à dire quoi ? La consolidation de la paix est l’ensemble des mesures pour raffermir la paix. C’est aussi ça revient à couper les ponts, à se démarquer de toutes paroles, de tout acte susceptible de menacer la paix afin de cimenter l’unité nationale. Le processus de la consolidation de la paix se fait à partir du développement, de la sécurité et de l’humanité. Il y a de cela quelques années, nous faisons que de nous parler du vivre ensemble à travers l’œcuménisme religieux (la prière pour la paix organisée chaque fin d’année). Parce que le vivre ensemble est menacé et si ce vivre ensemble est menacé dans un pays comme le nôtre qui est une mosaïque ethnique cela veut dire que notre pays peut d’un moment à l’autre être plongé dans une crise sans précédent. En une illustration les récents conflits intercommunautaires dans le Ouadaï géographique. Pour paraphraser le philosophe Baruch SPINOZA, la paix n’est pas l’absence de la guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de vaillance, de confiance et de justice. Par ailleurs, le fait de nous enfermer ou de nous inscrire dans une posture de l’ethnicisme, du repli identitaire, du ghetto ethnique et du cocon tribal va de plus en plus aggraver la cohésion nationale. Il faut faire en sorte que pour qu’on sorte de ces attributs, c’est d’aller à l’encontre de l’autre, de le chercher à le connaître car en cherchant à le connaître, vous serez entraîné à déconstruire le préjugé que vous nourrissez envers lui et de déconstruire tous ces clichés. Au regard de tout ce qui précède, nous pouvons analyser sans ambages, le dernier message du président de la république sous le prisme du contexte géopolitique de notre pays situé au cœur de l’Afrique et qui subit les soubresauts et les contrecoups sécuritaires qui sévissent dans ses différentes périphéries (Libye, Niger, Nigéria, Cameroun et République centrafricaine). Il est axé sur la paix et plus jamais à la guerre, c’est un appel envers nous afin que nous construisions plutôt des ponts au lieu d’ériger des murs entre nous. Et ces ponts doivent être des ponts de rétablissement des liens de confiance entre les communautés. Au lieu d’être un élément perturbateur de la paix, il serait mieux d’être un élément mendiant de la paix, un agent de la paix. Toutefois, il serait nécessaire de se pencher sur l’étiologie du conflit afin de trouver des réponses adaptées pour consolider la paix. Ainsi, la paix, la sûreté et la sécurité sont les socles, le soubassement de toute prospérité d’un Etat. Avec la paix, la sécurité et la sûreté, le pays peut connaître le développement, le progrès et l’épanouissement. La tranquillité doit rimer avec la paix. Brahim EDJI Mahamat, Politiste et Géostratège tchadien.