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dimanche - août 09, 2020

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Mme SAFIA MAHAMAT YOUSSOUF, promotrice de Smart Village Tchad Sociétés

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Une véritable stratégie d’employabilité pour freiner l’avancée galopante du taux de chômage des jeunes, dans un pays en voie de développement comme le Tchad, doit avoir pour socle : l’entreprenariat et la création des initiatives privées. C’est le combat de tous les jours de cette grande dame, à travers sa structure Smart Village.

« La femme c’est d’abord la mère qui s’occupe de toute la famille. Sous cet angle en tant que femme je dois penser à prendre soin des petits, de jeunes…

Honnêtement, je ne vois pas mon statut de femme comme un problème » dixit Mme SAFIA MAHAMAT YOUSSOUF, informaticienne de profession et promotrice de Smart Village, un espace d’accompagnement de projets de jeunes (Sahel Green house). Suivez son entretien.

Vous accompagnez les jeunes entrepreneurs à aller au bout de leurs projets, comment cela se fait concrètement ?

C’est vrai que c’était une nouvelle expérience mais nous avons lancé des inscriptions sur notre page Facebook. Tout le monde s’est inscrit selon un certain nombre de profils que nous avons déjà identifié. Une fois les inscriptions faites nous avons fait un tri puis que nous nous sommes rendu compte la demande était plus grande qu’on ne pouvait supporter.

Puis tous ceux qui étaient retenus ont été appelés pour commencer une formation. Une fois la formation finie, c’est l’immersion qu’on a eu à faire sur le terrain pendant trois jours, et s’en ait suivi la phase de passer de l’idée au prototype. Dans cette phase, nous avons été accompagnés par des experts de différents métiers.

C’est le lieu ici de remercier le FONAP qui a accepté de financer les six mois d’accompagnement technique, des projets proposés par les jeunes afin qu’ils puissent à même de lancer leurs entreprises sur le marché tchadien.

Promotrice d’un programme de coaching et d’accompagnement, entant que femme comment viviez-vous cette expérience dans une société conservatrice comme la nôtre ?

Je pense que la femme c’est d’abord la mère qui s’occupe de toute la famille. Sous cet angle en tant que femme je dois penser à prendre soin des petits, de jeunes…Honnêtement, je ne vois pas mon statut de femme comme un problème. Déjà que par le passé, nous avons une confiance établie avec certains jeunes. Bref dans ce début du processus, les jeunes cherchent à avoir de l’emploi, à créer leur propre entreprise et nous essayons d’être plus proches d’eux pour leur donner l’accompagnement nécessaire.

Aujourd’hui, comme d’ailleurs dans le passé, les institutions académiques et de formations professionnelles ont tendance à préparer l’esprit des diplômés vers la fonction publique, quelle est votre lecture de la situation ?

Personnellement je vois cette situation critique, sur la base de l’expérience, ça fait déjà trois ans que nous avons créé Smart Village.

Durant ce temps, il ne se passe pas un jour que nous recevons à la ferme des jeunes, toujours à la recherche de l’emploi, et même sur les réseaux sociaux, la demande est plus grande.

Des jeunes de différentes catégories : ceux qui n’ont jamais été à l’école, ceux qui ont été mais n’ont pas trouvé d’emploi qui sont en quête d’opportunités. Nous l’avons toujours dit et clamé qu’il faudrait dans nos programmes de formations intégrer des curricula en entreprenariat et l'innovation et cela dès le bas âge. Dans nos familles mêmes on doit encourager des initiatives d’entreprenariat.

En guise de mots de la fin avez-vous un message à l’endroit de décideurs publics sur la question de l’emploi des jeunes ?

Il est temps qu’on passe de la parole à l’acte. Nous avons longtemps entendu des discours de décideurs publics sur l’emploi de jeunes mais très concrètement, il faudrait que l’Etat puisse encourager des initiatives privées dans la création des emplois.

Ce sont d’ailleurs des initiatives pragmatiques, qui ne sont pas de long cursus. Le département (petits métiers) est nouvellement crée mais je l’invite à être plus attentif aux besoins sur les marché. Que l’Etat puisse avoir cet esprit de création d’emploi de jeunes sous l’œil vigilant.

Propos recueillis par : Ouganda TANGUE, correspondant Tchad