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jeudi - juin 04, 2020

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Mme Fatimé Boukar KOSSEY, Présidente de l'ASOSCOV se confie à «Charilogone» Cultures Sociétés

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"Quelques soit les promesses et pot-de-vins pour faire taire la voix de la raison soyons à même de dire parfois non.On se fait la guerre ici en ville sans impliquer les jeunes de provinces et ceux de la diaspora, je me demande comment peut-on réussir à être uni?" dixit Mme Fatimé Boukar KOSSEY, Présidente de l'Action Sociale pour le Soutien aux Couches Vulnérables (ASOSCOV).

Militante dévouée pour les causes nobles, Mme Fatimé Boukar KOSSEY est sans nul doute l'une de plus actives femmes leaders de la société civile Tchadienne. Qu'il s'agisse de la scolarisation de filles ou de  la protection des droits des enfants en général, de la recherche de paix, du vivre ensemble ou de la cohabitation Pacifique...elle est toujours présente à travers sa structure associative ASOSCOV. Votre Magazine Charilogone est allé à la rencontre de cette dame de fer, suivez son entretien.Vous

Vous êtes présidente de l'Action Sociale pour le Soutien aux Couches Vulnérables, parlez-nous un peu de cette structure?

L'ASOSCOV créée en 2017 est une sphère purement sociale qui se veut la dénonciation de tous les maux qui gangrènent les sociétés en général et le cas tchadien en particulier. Nos objectifs sont les suivants:soutenir les personnes  handicapées,les enfants de la rue,les femmes victimes de violences et les orphelins, dénoncer la pratique de l'excision et le mariage précoce. C'est aussi pour moi entant que présidente de cette structure l'occasion de saluer la bravoure de tous ses jeunes qui ne ménagent aucunement d'effort dans cette association  pour faire bouger les choses malgré les difficultés du côté sponsoring. Puis que ceux qui sont censés nous aider dans la réalisation de nos activités font souvent le fi mais par conviction et amour de la chose j'utilise dans la plupart des cas une partie de mon salaire et avec la contribution des autres membres pour répondre aux attentes et besoins de couches vulnérables.

Aujourd'hui, les tchadiens semblent se replier sur leurs identités ethniques, religieuses, régionales...en tant que leader de la société civile, quelle est votre lecture de la situation?

Pour répondre à  cette question l'on se réfère à l'histoire politique du Tchad pour avouer que cette situation à des ramifications et origines  très politique. La république du Tchad est une et indivisible et ses fils et filles sont condamnés à vivre ensemble. En ma qualité de présidente de l'association, j'en appelle au respect des valeurs républicaines pour un Tchad sans barrière ni division. Là où nos aînés ont échoué nous, on peut sans scrupule  relever le défi.Que la religion et notre appartenance ethnique ne soient pas un mur empêchant la cohabitation mais plutôt un grand pont de collaboration entre nous jeunes. Il est grand temps d'écouter raison et de donner la chance de jouissance à tous et à toutes pour qu'au grand jamais l'on ne se plaigne de l'injustice sociale. Dorénavant le mérite doit être élevé au détriment de la médiocrité pour une quiétude sociale durable.

La société civile tchadienne paraît divisée, au regard de récentes actualités (les élections au CNJ, CESC...),quelles sont vos impressions à ce sujet?

Dit-on qu'il faut diviser pour mieux régner et c'est exactement ce qui se passe de nos jours avec les leaders de sociétés civiles. Laissons de côté nos intérêts égoïstes surdimensionnés et faisons montre de patriotisme avec des actions concrètes pour qu'un jour l'histoire nous honore comme Mandela. Pour le cas de CNJ (Conseil National de Jeunes), je n'ai pas trop de commentaire à faire mais vite fait je proposerai que le passé soit enterré et en même temps interpeller le ministère à organiser un congrès inclusif. En ce qui concerne le CESC (Conseil Économique, Sociale et Culturel), j'ai été dans la salle pendant les élections et j'ai eu à  dénoncer la limite d'âge d'un candidat parmi tant d'autres mais personne n'a réagi. Tout était bien passé mais c'était après les élections que les gens avaient réalisé que j'avais raison. De qui a-t-on peur?pourquoi cautionner les choses aux élections et revenir dire qu'elles ne sont pas correctes alors qu'on aurait pu le faire pendant qu'il était encore temps? Quelques soit les promesses et pot de vin pour faire taire la voix de la raison soyons à même de dire parfois non.On se fait la guerre ici en ville sans impliquer les jeunes de province et ceux de la diaspora, je me demande comment peut-on réussir à être uni?

En tant que femme, comment vous vivez votre situation dans une société conservatrice comme la nôtre?

La gente féminine pour moi n'est pas  un handicap car la société reste ce qu'elle est. De près ou de loin cette  pratique conservatrice ne me soustrait absolument pas de mes ambitions, de mes projets et mes perspectives en vues. Il y'a des  femmes dans bien des sociétés plus conservatrices que la notre qui murissent des projets porteurs et captivant que certains hommes n'en peuvent. Ici chez nous, d'une part on parle de parité et d'autres part du quotas, en sus de ses belles promesses les femmes sont les plus souvent exclues des grandes décisions de la république.On attend quoi pour honorer les femmes qui travaillent au ministère de l'intérieur et de la défense par un décret présidentiel, les nommant officiers supérieur, (par exemple des généraux ). Il est grand temps de reconnaître la valeur de la femme et de savoir l'apprécier.

 

En guise de mots de la fin, quel est votre message à l'endroit de la jeunesse Africaine en général et Tchadienne en particulier?

Je ne saurais terminer sans vous dire merci  pour cette belle opportunité. Je lance un vibrant appel à toute la jeunesse africaine que le bonheur se trouve au bout des doigts alors:" debout et à l'ouvrage" pour conquérir nos terres et arracher notre autonomie. Pour les jeunes tchadiens je leur demande de se lever maintenant, de reprendre courage et d'entreprendre car l'avenir est à nous même s'il nous semble obscure. Ne dit-on pas que "qui veut peut et vouloir c'est pouvoir". Le Tchad est vaste et vierge, nous disposons des performances et des potentiels pour changer la donne de l'histoire, évitons la facilité et travaillons dur et surtout ne servons pas de bouc émissaire dans les jeux politiques. Enfin, je rend un hommage mérité à toute la jeunesse africaine et plus particulièrement tchadienne.

Entretien réalisé par: Ouganda TANGUE, correspondant au Tchad